L’ARABE : un point de vue algérien

LM Fiction de Malek Bensmail, Algérie, France, Suisse, 2026

Sortie France : 4 novembre 2026

La renommée de l’écrivain français Albert Camus prend sa source dans le succès de son roman L’Etranger, paru en 1942, 13 ans avant qu’il ne reçoive le Prix Nobel de littérature. Dans ce livre qui véhicule les idées sur le cycle de l’absurde, conçu par Camus, le héros, Meursault, tue brutalement un Arabe sur une plage algérienne. Le récit, énoncé à la première personne, a motivé l’écrivain algérien Kamel Daoud, à lui donner un prolongement en imaginant l’action du point de vue de Haroun, le frère du jeune homme tué. Meursault, contre-enquête [Editions Barzakh, 2013, Goncourt du premier roman 2015 – ndlr] propose ainsi une réponse post-coloniale à l’ouvrage d’Albert Camus. Le réalisateur Malek Bensmail s’empare à son tour de cette histoire tragique en adaptant le roman de Kamel Douad sur les écrans.
L’Arabe est le premier long-métrage de fiction du cinéaste algérien, connu depuis les années 90 pour ses documentaires attachés à explorer l’histoire et les réalités de son pays. Ses films livrent une analyse du passé (La Chine est encore loin, 2008), un examen de la société (Aliénations, 2004), une évocation attentive de la vie politique (Le Grand Jeu, 2005). Son approche se retrouve dans une courte fiction, Dêmokratia, 2001, qui précède son nouveau long-métrage, L’Arabe, dont il a écrit le scénario avec Jacques Fieschi. Il offre un contrepoint algérien au film français de François Ozon, L’Etranger, 2025, qui adoptait les impressions du roman de Camus au cinéma, dans un élégant noir et blanc.

Le récit de L’Arabe est ancré dans le contexte de la guerre civile qui a déchiré l’Algérie entre 1992 et 2002. Haroun, le frère de l’homme tué dans les années 40, est un vieillard qui voudrait transmettre sa version de l’histoire. Il prend contact avec un journaliste qui couvre les attaques et les attentats que subit alors l’Algérie. Kamel écoute Haroun qui lui révèle que son frère, Moussa, âgé de 23 ans, a existé et a été tué en 1942. Malgré son scepticisme, Kamel recueille les confidences pour essayer de les comprendre. On revit alors l’enfance de Haroun dans l’Algérie française des années 40, jusqu’à l’indépendance des années 60. Le départ des Français ouvre de nouvelles perspectives pour Haroun et les siens malgré les pressions exercées par sa mère, particulièrement dominatrice et autoritaire.

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Author: Michel Amarger

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