Cotton Queen : devenir femme au Soudan

LM Fiction de Suzannah Mirghani (Soudan, Allemagne, France, Qatar, Arabie Saoudite, 2025)

Sortie France : 5 août 2026
Distribution : Wayna Pitch (Nantes)

Le cinéma soudanais semble se réinventer depuis la chute de Omar el-Bechir en 2019, défiant les ravages de la guerre déclenchée en 2023. Mais ce sont surtout les cinéastes exilés qui le font vivre comme en atteste Cotton Queen de Suzannah Mirghani, en lice à la Settimana Internazionale della Critica à Venise, en 2025. La réalisatrice, née au Soudan, qui a quitté le pays à son adolescence en suivant ses parents, a aussi la nationalité russe par sa mère, et travaille à l’Université de Georgetown au Qatar.
Elle s’est imposée avec son court-métrage Al-Sit [الست], 2020, très remarqué, qui paraît comme un pilote réduit du récit de Cotton Queen. Grâce à ses prix dont celui de la Cinéfondation au Festival de Cannes 2022, elle a pu mobiliser des partenaires financiers d’Allemagne, de France, de Palestine et du Soudan pour réaliser son premier long-métrage. Entretemps, elle a signé des films courts tels Virtual Voices, 2021, Kamala Ibrahim Ishag : States of Oneness, 2022, avant de devenir la première réalisatrice soudanaise d’un long-métrage de fiction avec Cotton Queen.

Le récit valorise la relation de trois générations de femmes dont le centre est Nafisa. Jeune paysanne espiègle et insouciante, elle récolte le coton en rigolant avec ses copines. Elle convoite Babiker, un jeune cultivateur de poireaux qui arrange un bateau pour aller sur le Nil. Mais ses parents voudraient la marier avec un garçon riche qui développerait le coton dans les champs. L’arrivée du fils d’un homme d’affaires local, qui promeut une nouvelle variété de coton génétiquement modifiée, fait tourner les têtes.
Il étourdit tout le monde avec ses nouvelles graines qui assurent la récolte en se protégeant des maladies et insectes, et représente un espoir de richesse pour le village. Nafisa lui est promise mais sa grand-mère, Al-Sit, qui veille sur elle et sur la pratique du coton traditionnel, a d’autres vues sur un mariage arrangé. Elle écarte Babiker et propose une autre option à Nafisa. Celle-ci doit choisir sa propre voix avec une fermeté destructrice.

 

Lire la suite sur le site africine.org

Author: Michel Amarger

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