Ressacs, une histoire touarègue : lettre d’un père du monde des nomades

LM Documentaire de Intagrist el Antari, Mauritanie / France / Arabie Saoudite, 2024

Sortie France : 6 mai 2026

Les incursions de l’intérieur du monde des Touaregs sont encore assez rares au cinéma. Parmi elles, il faudra compter avec Ressacs, une histoire touarègue de Intagrist el Antari, dévoilée aux Journées Cinématographiques de Carthage 2024. Ce documentaire propose d’approcher des membres de la tribu suzeraine des Kel Ansar, dans la région de Tombouctou d’où est originaire son auteur. Les rencontres sont structurées par un père qui s’adresse à son fils sous la forme d’une lettre énoncée et filmée. Une démarche personnelle, intime mais ouverte sur sa culture, porté par Intagrist el Antari.
Elevé dans des campements nomades au Mali, en Mauritanie, le réalisateur passe dix ans dans le désert avant que les conflits qui s’intensifient au nord, dans les années 90, le conduisent à l’exil en France après ses 15 ans. Il s’initie à la photo à Lyon. En 2005, il est engagé pour établir une base de données à partir du fonds d’une ONG qui travaillait dans les camps de réfugiés. Son intérêt pour l’image se renforce en 2012 lorsqu’il revient vivre en Mauritanie. Il réalise, des documentaires, publie des livres et crée sa société, Prosodie films, pour étayer l’histoire et les transformations des cultures sahariennes. Le concours de la France et de l’Arabie Saoudite lui permet de lancer Ressacs, une histoire touarègue sur les écrans.

« L’image simpliste des Touaregs véhiculée par des livres photos, des reportages ou magazines télévisés a occulté une approche plus profonde de ce monde. Cette approche doit d’abord émaner des Touaregs eux-mêmes« , avance Intagrist el Ansari. « Le monde Touareg a vécu longtemps à l’écart du monde, ce qui est à double tranchant car cela a préservé l’Etre touareg, ce qui n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui, mais l’a également coupé du monde. » Alors le réalisateur propose d’aborder le vaste espace des nomades, qui va du Mali à la Libye, en prise avec son histoire personnelle. Il lance son documentaire comme une lettre ouverte, adressée à son fils, né en 2018.
« Mon obsession dans ce film était de raconter le monde nomade de mon enfance à mon fils qui ne le connaîtra jamais« , indique le cinéaste qui capte d’entrée le sable et le vent comme un environnement puissant, ancrant son histoire avec un souffle poétique qu’il affirme : « Le vent est devenu un objet esthétique au service d’une forme ou recherche artistique, son atmosphère matérialise pour moi le passage du temps, le passage d’un monde physique que j’ai connu à celui qui tend à devenir une légende, un mythe dans la mémoire. »

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Author: Michel Amarger

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