What you gonna do when the world’s on fire? : la résistance, coûte que coûte

Après avoir rendu compte de la colère des Blancs pauvres en Louisiane et au Texas (The Other Side, 2015), le documentariste italien vivant aux Etats-Unis Roberto Minervini a partagé la détresse des Noirs américains dans le quartier de Tremé à la Nouvelle Orléans. Il en saisit à la fois les dramatiques assignations et la vitalité de résistance. En sortie sur les écrans français le 5 décembre 2018.

Un documentaire de deux heures en noir et blanc. Ce choix radical permet une impressionnante résonance du sujet. Sans doute parce que le noir et blanc est le sujet du film, les sbires du Ku Klux Klan sévissant encore dans le Sud raciste. Faut-il prôner l’autodéfense ? Le film ne prend pas position mais suit avec empathie les militants tout de noir vêtus du New Black Panther Party manifester contre l’impunité des deux policiers blancs qui ont abattu Alton Sterling, un vendeur de CDs, à Baton rouge (Louisiane) en juillet 2016, et enquêter armés de maison en maison sur le meurtre des deux jeunes Noirs de Jackson (Mississipi), lynchés puis décapités parce que leurs petites amies étaient blanches. Graffitis racistes sur le panneau de l’école ou sur les voitures : plus de 50 ans après la victoire du mouvement des droits civiques, tout semble toujours à recommencer.

Dans ce contexte, Minervini choisit des personnages emblématiques de la vitalité et de la résistance à l’œuvre : un jeune garçon de 14 ans, Ronaldo, conscient des luttes du passé dont il parle à son jeune frère Titus, et leur mère attentive à préserver leur avenir ; le Chef Kevin qui dirige les Indiens de mardi gras, un de ces 50 groupes folkloriques qui préparent toute l’année leur parade en masques et costumes indiens, un syncrétisme récemment documenté par Jo Béranger, Hugues Poulain & Edith Patrouilleau dans Black Indians, en souvenir des esclaves qui luttèrent auprès des Indiens et en obtinrent le statut lors de l’émancipation ; et Judy, une cinquantenaire incroyable de présence à l’écran qui anime sa communauté, une de ces Game Girls qui se battent pour survivre.

 

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Author: Olivier Barlet

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