Vortex : virus de violence au Liban

LM Fiction de Christophe Karabache, France / Liban, 2019

Sortie France : 28 octobre 2020

Le fracas et les ravages de la guerre du Liban marquent durablement une génération de cinéastes. Christophe Karabache est de ceux-là. On le mesure dans ses longs-métrages récents, Sadoum, Lamia, 2015, même Zeitgeist Protest, 2016, situé à Paris, ou Venus Obscura, 2017, qui cerne des personnages blessés et menaçants dans la campagne. Et aussi ultravoKal, 2018, qui déplace les heurts vers la Belgique.
Le sexe cru, les meurtres brutaux, les armes, les copulations animales incubent dans les fictions du cinéaste libanais. Et même s’il est installé à Paris, Christophe Karabache transpose dans ses histoires, les souvenirs de son enfance pulvérisée à Beyrouth. Aujourd’hui, il inocule le virus de la destruction, sauvage, pulsionnelle, dans Vortex, 2019.

Le récit est construit en trois volets. Dans « L’Homme », Joe, le narrateur, évoque le point de départ des visions qui le hantent. Abandonné par ses parents libanais, Nabil et Asma, recueilli par une Française qui l’emporte et l’éduque, ses manques affectifs le débordent. Quand ses parents prétendent le rencontrer, il se voit coucher avec son père, faire de sa mère, son amante, avant de décider de les supprimer. Ces transgressions exacerbent son ressentiment envers le monde. « Tuer est la seule solution qu’il me reste, un devoir à accomplir », affirme Joe, partant supprimer des passants comme on part en mission.
Dans « La Femme », on rencontre une blonde intrigante. Elle cultive des plantes, fortifiées par le sang de ses règles qu’elle recueille et distille comme un liquide sacré. Sa vie solitaire, ses promenades dans la nature, sont contaminées par des menaces qui zèbrent les images. Un groupe d’hommes patibulaires croisent et violentent deux femmes échappées en forêt. Puis vient la troisième partie, « La Rencontre ». Joe tente le suicide mais la blonde lui insuffle une nouvelle vie avec son sang menstruel. Grâce à cet élixir, Joe, hébété, se remet, se soumet, puis veut s’émanciper et partir. Mais la belle peaufine ses recettes, son élixir jusqu’au partage final. Anéantissant. Apaisant peut-être.

 

Lire la suite sur le site africine.org

 

Vu par Michel AMARGER (Afrimages / Médias France)

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Author: Michel Amarger

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