MICA, Briser le plafond de verre au Maroc

LM Fiction de Ismaël Ferroukhi, Maroc / France, 2020
Sortie France : 22 décembre 2021
Dist : JHR Films

Alors que les cinéastes marocains dénoncent souvent les travers du pays, les compromissions, les blessures des personnages qui les plombent, Ismaël Ferroukhi cherche, au contraire, à valoriser l’émancipation salvatrice d’un jeune garçon. Entre le désir de « brûler » pour gagner l’Europe en clandestin, et les mains qui se tendent pour l’inciter à s’affirmer sur place, le destin du héros de Mica, 2020, peut avoir valeur d’exemple. Alors Ismaël Ferroukhi noue une production entre le Maroc et la France pour faire rêver, et espérer.

Mica est un enfant de rues qui vend des sacs en plastique au marché, d’où son nom (qui désigne ces sacs). Chassé par la concurrence, il ne trouve pas refuge dans son foyer où son père, malade, ne peut plus subvenir aux besoins. Alors on confie Mica à Hadj Kaddour qui l’emmène travailler avec lui au club de tennis qu’il entretient. Mica apprend la soumission en élevant des oiseaux, et en subissant la différence de classe des gamins aisés qui apprennent le tennis. Leur entraineuse, Sophia, ancienne championne des courts, écartée par un accident, décèle chez Mica des capacités.
Elle l’entraîne à la sauvette, le fait progresser au grand dam des fils de riches. Mais avant un tournoi où elle l’impose, il frappe un concurrent moqueur. Eliminé, chassé du club, Mica est isolé depuis la mort de son père. Il fugue et zone dans le port pour s’embarquer vers Marseille. Dépouillé, hésitant, il retourne voir Hadj Kaddour puis il renoue avec Sophia qui tente de le reprendre en main. Mais Mica veut s’imposer par lui même et défie son destin.

Ismaël Ferroukhi braque sa caméra sur un enfant des rues à Casablanca comme pour en retourner les clichés menaçants en vigueur. Son héros, au look typé, traîne un pull trop grand et les mêmes chaussures pendant tout le film. Mais le garçon a le regard vif, en phase avec les éléments de son entourage, et il sait rebondir. « Mica porte en lui cette particularité qui lui permet de voir le monde différemment et d’avancer malgré les difficultés », glisse le réalisateur.

 

Lire la suite sur le site africine.org

Author: Michel Amarger

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