LM Fiction de Oliver Hermanus, Etats-Unis / Royaume-Uni, 2025
Le romanesque et les émotions sentimentales ne semblent pas constituer le genre le plus prisé dans la production contemporaine. Mais le Sud-africain Oliver Hermanus se démarque en cultivant cette veine avec Le Son des souvenirs (The History of Sound), retenu en compétition au Festival de Cannes 2025. Le réalisateur qui défend volontiers la cause gay, alors que l’homosexualité est plutôt réprimée dans son pays d’origine, l’a déjà abordée à l’écran avec Beauty, déjà présent à Cannes 2011 dans la section Un certain regard, ou Moffie, 2019, adaptation d’une autobiographie de André Carl van der Merwe.
Agé d’une quarantaine d’années, le cinéaste né au Cap, s’est implanté dans le monde anglo-saxon pour y trouver des alliés et développer ses fictions. Il est aussi l’auteur de Shirley Adams, 2009, La Rivière sans fin, 2015, en compétition à Venise, ou Vivre, 2022, remake du film de Kurosawa, lancé au Festival de Sundance.
Le Son des souvenirs est une coproduction entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni qui tranche sur les histoires d’amour homosexuelles en vogue auprès d’un certain public. Derrière Le Secret de Brokeback Mountain de Ang Lee, 2005, figurent Kill Yours Darlings de John Krokidas, 2013, ou A Single Man de Tom Ford, 2019, et même du côté français, La Vie d’Adèle de Abdel Kechiche, 2013, Eté 85 de François Ozon, 2020, ou en Italie, Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, 2017. En contraste avec ces fictions capables de normaliser les amours homosexuelles à l’écran, Oliver Hermanus dépasse la vision traditionnelle des rapports en évitant de catégoriser les gestes et les étreintes attribués entre les partenaires.
Le Son des souvenris s’ouvre avec l’intérêt de Lionel, enfant, pour les bruits environnants dans sa ferme.
