Abou Leila : Souffles de violence dans le désert algérien

LM Fiction de Amin Sidi-Boumédiène, Algérie / France, 2019 – Sortie France : 15 juillet 2020

Les traumatismes de la décennie noire qui a déchiré l’Algérie dans les années 90, continuent de hanter toute une génération de cinéastes qui ont grandi à cette époque. A l’âge de la maturité, ils expurgent et explorent les attentats, les enlèvements, les assassinats, les explosions qui ont marqué leur adolescence. Amin Sidi-Boumédiène véhicule ainsi les peurs et les angoisses dans son premier long-métrage, Abou Leila, 2019, retenu à la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Etudiant de cinéma en France, le réalisateur est revenu dans son pays en 2008, pour signer des courts-métrages remarqués, Demain Alger ?, 2010, L’île, 2012 et Serial K., 2014, qui préfigurent l’univers de Abou Leila.

Après le prologue où un homme se fait tuer en sortant de chez lui, le récit, situé en 1994, s’attache à l’épopée de deux amis qui fuient Alger en voiture pour descendre vers le sud. Lotfi, policier impliqué dans la lutte contre les terroristes, veille sur son ami S., malade et obsédé par la vision d’un intégriste en fuite, Abou Leila. Lotfi cherche surtout à éloigner S. de ses tourments en le plongeant dans l’immensité du désert.

Ils foncent dans les paysages somptueux, scandés par des haltes et les visions de S.. Sacrifice d’un mouton, bain de sang d’une famille égorgée dans l’hôtel où ils trouvent asile, apparition de Abou Leila… poussent S. à s’échapper, seul, dans le désert. Il rencontre des Touaregs, une photographe en reportage, un léopard menaçant, la présence de Lotfi dans des scènes où la violence intérieure se cristallise.

En plantant son histoire en 1994, Amin Sidi-Boumédiène aborde le moment où les meurtres se multiplient en Algérie, en annonçant : « Evoquer cette période est donc pour moi une façon d’explorer les sentiments purement humains liés à ce que nous avons vécu, et tenter par la voie de la métaphore et de l’art de recréer un microcosme certes parfois surréaliste, mais capable d’aller au fond des choses ». Il joue alors des perspectives pour « faire se confondre le point de vue de « l’histoire » et celui de mes personnages », en provocant parfois une certaine confusion dans la perception des spectateurs.

Lire la suite sur le site africine.org

Vu par Michel AMARGER (Afrimages / RFI / Médias France)

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Author: Michel Amarger

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