LM Fiction de Erige Sehiri, France, Tunisie, Qatar, 2025
Sortie France : 28 janvier 2026
La présence croissante de migrants subsahariens en Tunisie soulève des polémiques intenses, ou des gestes de solidarité plus rares. L’ostracisme est encouragé par le président Kaïs Saïed qui affirmait dès 2023, que le pays voyait déferler « des hordes d’immigrés clandestins venant d’Afrique subsaharienne« qui étaient la cause de « violences, de crimes et d’actes inacceptables« . Ces assertions et le climat tendu qui perdure en Tunisie, ont encouragé Erige Sehiri à soulever la question pour interpeller les citoyens par une fiction sensible. La réalisatrice, née en France de parents tunisiens, a suivi des études de cinéma en Amérique du Nord en se formant à l’administration au Canada.
Elle a signé des essais documentaires et a cofondé le webzine d’investigation indépendant, Inkyfada, pour traiter l’actualité d’un ton critique. Après son long-métrage La Voie normale qui l’a fait connaître en 2018, elle s’est imposée au cinéma avec Sous les figues, sélectionné à la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes 2022, lauréat du Tanit d’argent aux JCC. Elle revient en compétition au Festival de Cannes 2025 dans la section Un certain regard avec Promis le ciel. Cette coproduction entre la France, la Tunisie, le Qatar, interpelle la question des migrations en valorisant la présence des trois femmes noires, venues en Tunisie où elles affrontent une situation précaire.
L’histoire débute par le bain que Marie et Naney donnent à une petite fille noire de quatre ans, tout en la questionnant sur un naufrage de migrants en mer d’où elle aurait survécu. Jolie, étudiante, les rejoint et elles décident de baptiser la petite, Kenza. Les trois femmes vivent à Tunis, chez Marie, une Ivoirienne de 40 ans qui a été journaliste et officie comme pasteure évangéliste. Elle est soutenue par Noa, son conseiller aveugle. Marie prend soin de Naney, jeune noire dont le passeport est retenu par son employeur, et Jolie, artiste étudiante dont le père attend le retour en Côte d’Ivoire.
Les trois femmes s’en sortent comme elles peuvent pour assurer le quotidien tout comme celles que Marie accueille dans son église. Elle a loué sa maison auprès d’Ismael, un propriétaire avare de réparations pourtant nécessaires car l’habitation prend l’eau. Les tensions entre les migrants subsahariens, les gens du coin et la police, précipitent la violence entre les communautés. La maison de Marie devient un refuge encore plus fragile tandis que les trois Africaines tentent de surmonter leurs différences et les coups du sort en protégeant Kenza.
