Les raisons du succès de Black Panther : la master-class de Ryan Coogler au festival de Cannes

Il est frappant de constater qu’un film d’apparence anodine et commerciale comme Black Panther renferme des références et des contenus issus du vécu et de l’Histoire des Africains-Américains : esclavage, exclusion, diaspora africaine, relation au père, aux femmes, à la mort… Ce sont ces thèmes que Ryan Coogler a développés lors de sa master-class au festival de Cannes, animée par Elvis Mitchell, éminent critique noir-américain.[1] Le succès planétaire du film confirme que tout le monde s’y retrouve.

Black Panther a connu un succès planétaire inattendu : il va vers le 1,5 milliard de dollars de recettes mondiales et plus de 3,5 millions de spectateurs sont allés le voir en salles en France. Il est resté cinq semaines d’affilée en tête du box-office américain, une absolue performance, et a très bien marché en Chine. Son succès en Afrique est également phénoménal.

Ce n’est pourtant pas la première fois que des héros et/ou réalisateurs noirs ont des succès public et critique. La trilogie Blade avec Wesley Snipes avait très bien marché au début des années 2000. Récemment, Moonlight, Selma, Dear White People ou Get Out ont cartonné. Black Panther se situe donc dans une continuité. 350 millions de dollars de budget de production et promotion : Marvel a eu du flair et investi ce qu’il fallait.

Le thème d’une Afrique antique que l’esclavage à réduit au silence traverse Black Panther : l’émancipation des Noirs (et partant de tous les opprimés) est au centre du film, le royaume de Wakanda est leur revanche, une Afrique du futur mais ancrée dans la force de ses traditions. La lutte des Noirs pour leur humanité sous-tend un scénario où la question des moyens est incarnée par l’affrontement entre Erik Killmonger (Michael B. Jordan) et le roi T’Challa (Chadwick Boseman) : cette montée en humanité servira-t-elle toute la planète ? C’est l’enjeu du combat des jeunes Africains-Américains qui s’expriment dans les mouvements récents de défense et d’émancipation. Les femmes ne sont pas de reste : positives et compétentes, à l’image de Shuri, la sœur du roi T’Challa (Letitia Wright) qui excelle dans les nouvelles technologies.

Mais le cinéma est une industrie qui sait manier la récupération quand il s’agit de faire du profit : pas d’illusion et Ryan Coogler en est conscient. Il est allé repérer en Afrique mais les paysages africains ont été recréés numériquement. Les acteurs de Black Panther sont déjà des stars, non des révélations. Le succès du film ne change pas forcément la donne à Hollywood, mais il crée un nouveau précédent qui contribuera sans doute à moins fermer les portes.

La lecture de cette master-class très personnelle permet à la fois de comprendre comment le vécu de Coogler résonne avec son film et comment il l’a négocié et développé.

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[1] Cette retranscription est une mise en forme personnelle de la traduction simultanée de la vidéo de la rencontre : elle ne représente donc pas forcément l’exactitude des propos en anglais.

 

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Author: Olivier Barlet

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