Furcy, né libre : des mots pour s’affranchir

LM Fiction de Abd al Malik, France, 2025

Sortie France : 14 janvier 2026
Distribution : Memento Distribution

Il n’y a pas encore beaucoup de films français qui s’emparent de l‘époque de l’esclavage pour questionner la condition des citoyens. Abd al Malik le sait et il s’engouffre dans une brèche avec Furcy, né libre, 2025. Artiste né à Paris, de père congolais, il passe son enfance à Brazzaville, et revient en France dans la banlieue. Il aime les mots balancés avec soin, les couleurs dorées comme celle de ses origines, les valeurs d’une société française équitable qu’il promotionne dans ses créations. Ses albums comme Gibraltar, 2006, où il déconstruit le rap en restant hip hop, ou Château Rouge, 2010, sont des succès.

 

Le rappeur qui se veut poète, comme il le déclare, passe par le slam ou le roman pour ses mots, et par la caméra pour ses images. Il a participé à la conception de séries télé, de mises en scènes de théâtre. Après s’être raconté, et un peu glorifié pour être passé de la délinquance à l’écriture, avec son roman Qu’Allah bénisse la France, il l’adapte pour le cinéma en 2014. Il y revient avec Furcy, né libre, dix ans après, une œuvre plus historique, qui aborde la période de la traite au 19ème siècle, à La Réunion. C’est pourquoi le film, découvert en festivals en 2025, est d’abord distribué dans les territoires d’Outre-Mer.

 

Le sujet est tiré d’un livre, L’Affaire de l’esclave Furcy [éditions Gallimard, ndlr], une biographie rédigée par Mohammed Aïssaoui, distinguée par plusieurs prix littéraires dont le Renaudot de l’essai en 2010. L’argument a même été adapté au théâtre par Patrick Le Mauff, et mis en scène par Hassane Kouyaté en 2012. Abd al Malik en fait un plaidoyer pour la reconnaissance des esclaves noirs et dénoncer leur condition. Il fait écho à Ni chaînes ni maîtres de Simon Moutaïrou, une production française de 2024, qui traitait du marronnage à l’Ile Maurice, au 18ème siècle, en suivant une jeune Noire qui s’évade d’une plantation, pourchassée par une chasseuse d’esclaves, mandatée par le Roi.

L’aventure narrée par Abd al Malik, débute sur l’Ile Bourbon au 19ème siècle, avant qu’elle soit renommée La Réunion. L’esclave Furcy travaille dans une plantation mais cache à ses maîtres qu’il a appris à lire en secret. A la mort de sa mère, en 1817, il découvre des documents qui attestent qu’il est né libre. Dès lors, Furcy s’échappe pour demander aux autorités de l’île de reconnaître sa condition. Un long procès l’oppose à son propriétaire, soutenu par les planteurs et les bourgeois locaux. Défendu par un avocat convaincant, Furcy n’évite pas la prison puisqu’il s’est soustrait à ses maîtres.

 

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Author: Michel Amarger

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