Clermont 2019 : le Sénégal au marché du film

41 ans d’existence : le festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, dans le centre de la France, qui s’est tenu du 1er au 9 février 2019, est à la fois un énorme festival aux salles pleines et un marché où se réunissent tous les professionnels. Il présente aussi depuis 28 ans une sélection Regards d’Afrique (cf. articles L’intelligence des femmes et la table-ronde des cinéastes). Nouveauté 2019 : un stand sénégalais, seul stand africain au marché.

Un stand sénégalais au marché

Initié par le festival international de courts-métrages Dakar Court avec le soutien de l’Institut français avec son coordinateur régional des achats de films Moustapha Samb, le stand sénégalais au marché du film a organisé une présentation le 4 février.

Moly Kane, président de Dakar Court, organisé par l’association Cinemarekk, a rappelé les activités de ce festival : les projections dédiées aux groupes scolaires et les ateliers pour le jeune public, les masterclass et les tables rondes, et bien sûr les prix attribués. Un des principaux objectifs du festival est de faire naître une véritable politique du court-métrage qui couvre la création, la production et la diffusion.

Une trentaine de jeunes porteurs de projets venant de tout le Sénégal et de la Gambie y ont suivi un atelier de cinq jours « Talents en court ». Le but en était de déceler de nouveaux talents à travers une formation au scénario « de l’écrit à l’écran ». Les différents métiers du cinéma étaient valorisés (régie, lumière, etc.). Mais cinq jours sont trop courts : l’enjeu serait une formation régulière et la formation de formateurs, pour une véritable professionnalisation.

Moly Kane, Hamidou Sow, Moustapha Samb sur le stand Sénégal

Canal Olympia Teranga avait accueilli l’inauguration du festival et des séances scolaires, les autres projections étant à l’Institut français. Pour ne pas être seulement un logo sur une affiche, Canal Olympia voudrait proposer des films africains « qui aient l’adhésion du public africain », a annoncé Joséphine Adibone, chargée de programmation, et cela en parallèle aux festivals de différents pays, dans les 11 salles du réseau.

Hamidou Sow de l’association Globe a présenté l’atelier organisé dans le cadre du Festival à Sahel ouvert de février 2018 à Mboumba dans le Fouta (http://www.sahelouvert.com). Il réunissait des étudiants en audiovisuel de l’Université Gaston Berger de St Louis et des étudiants de l’école de cinéma Sup ‘Imax de Dakar ainsi que des habitants de Mboumba. En une semaine, ils ont réalisé deux courts métrages : Baba Courant et Le Pacte des trois familles (visibles sur youtube).

Quelles formations ? Quelle diffusion ?

Une réunion professionnelle a ensuite permis d’échanger avec les différents partenaires français : le festival de Clermont-Ferrand, Unifrance, le CNC et l’Institut français. La discussion a porté sur l’objectif des formations : impulser une logique de professionnalisme, engager à rechercher la maîtrise et le savoir. Faut-il développer les compétences ou bien plutôt faire un film ? S’imprégner de la pratique du cinéma (alors que l’enseignement universitaire est plutôt théorique et audiovisuel) ou finaliser une création ? Faut-il limiter le nombre de participants ou bien plutôt élargir pour déceler les talents ? Dans tous les cas, une préparation en amont serait bienvenue. Une tenue de la formation avant le festival également, qui permettrait aux participants de voir les films des autres et s’y confronter.

Il fut également question de la diffusion des films. Le court-métrage ne profite pas de la médiatisation des longs métrages. Il a souvent une diffusion de niche. L’enjeu est dès lors de pouvoir faire tourner dans tous les ciné-clubs en plein air et festivals des films de qualité qui viennent de partout, mais aussi d’investir les salles récemment ouvertes à Dakar, pour que le public les découvre et reprenne le chemin des salles. Rien ne remplace l’émotion partagée par tout un public dans une projection. Les régions sont déjà actives et l’objectif doit être de mutualiser les énergies. Au-delà des frontières, des partenariats peuvent être établis avec les pays limitrophes.

Author: Olivier Barlet

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